Cette pensée est à mon sens l’illustration et la traduction
de l’engagement sur lequel bon nombre d’animateurs
nature portent leur attention au quotidien. Une
prise de conscience qui n’a jamais vraiment cessé de
s’imposer à leur égard et qui en arrive même à me faire
penser qu’elle anime et motive notre existence.
C’est d’ailleurs certainement pour cette raison que
beaucoup d’entre nous se sont orientés et engagés
pour une éducation à l’environnement. Nous sommes
devenus cette “espèce d’humanoïde missionnée”,
un relais souhaitant faire passer un message sur un
symptôme qui touche une grande partie des êtres
vivants de la planète Terre.
Il me semble aussi que ce métier d’éducateur est une
occasion pour nous de rappeler que “L’homme n’est
pas le seul animal qui pense, mais il est le seul qui
pense qu’il n’est pas un animal.2”. L’avoir oublié est à
mon sens une grossière erreur et l’une des causes des
divers constats que l’on peut faire aujourd’hui sur l’état
de centaines de populations animales et végétales :
l’homme tout puissant ne se serait-il pas marginalisé du
reste du vivant ?
Être éducateur à l’environnement, c’est travailler pour
la biodiversité. C’est aussi un moyen de rappeler aux
hommes que l’humanité dépend de cette dernière.
Nous faisons partie intégrante du milieu naturel et
notre alimentation, notre santé et bien d’autres besoins
vitaux en dépendent.
Une analyse de Norman Myers3 nous rappelle que “nous
sommes la seule espèce dans l’histoire de la vie capable
de causer la mort de nombreuses autres espèces, mais
aussi la seule à pouvoir en sauver. On peut considérer
l’épisode actuel comme un défi”. C’est ce défi dont
parle Myers qui me semble être le mot d’ordre du
21e siècle. Il est également la base de nos métiers, à
mettre en lien direct avec nos activités éducatives et de
sensibilisation, comme une préparation des individus à
un futur engagement pour la biodiversité.
L’idée de pouvoir provoquer une prise de conscience
et/ou un engagement, en donnant des pistes d’exploration
m’intéresse, tout comme le fait d’imaginer que
les personnes non initiées puissent à leur tour et à leur
manière prendre parti dans ce défi à relever.
Aujourd’hui, s’engager pour la biodiversité et pour
la vie revient donc à éveiller sa curiosité pour mieux
comprendre et connaître parce qu’“on ne protège bien
que ce que l’on connaît bien”.
C’est aussi permettre à chacun d’apprendre à développer
son sens critique ou prendre parti en posant des
questions ou en donnant son opinion. Dans ce cas,
l’animateur nature, par l’animation et/ou le projet
pédagogique mis en place, peut apparaître comme un
déclencheur pour faire changer de conduite. Le fait
d’arriver à être convaincu de l’importance de l’enjeu
peut amener à faire changer de comportement, voire
même provoquer des vocations.
Pour conclure et rester dans le tempo de l’actualité,
je ne peux décemment pas passer outre le mot magique
qui fait que nos dirigeants commencent à prêter une
attention particulière aux différentes problématiques
environnementales. Je veux parler ici du développement
durable. À ce sujet et pour continuer dans
ma lancée des petites phrases qui, à mon goût, valent
mieux que les grands discours, je vous propose une
petite citation de Robert Barbault qui explique et
affirme que “Le meilleur modèle de développement
durable, c’est la diversité du vivant, depuis quatre
milliards d’années4.”… à bon entendeur…
1 Mostafa K. Tolba, PNUE (Programme des Nation Unies pour l’Environnement)
2 Pascal Picq, Paléoanthropologue, Collège de France
3 Norman Myers, Green College
4 Robert Barbault, Muséum National d’Histoire Naturelle |