6e colege Jean Renoir Bourges

 

Dossier réalisé à partir de la Revue La Luciole du Centre
Hors Série 2008

 

L'éducation à l'environnement :
un engagement pour la biodiversité

Par Cyril Maurer

 

Si Charles Darwin vivait de nos jours, il est probable que ses travaux ne porteraient pas sur les origines mais plutôt sur la nécrologie des espèces1.

Phrase dérangeante ou réaliste ? les deux, mon cher Watson…

 

 

 

 
 

Cette pensée est à mon sens l’illustration et la traduction de l’engagement sur lequel bon nombre d’animateurs nature portent leur attention au quotidien. Une prise de conscience qui n’a jamais vraiment cessé de s’imposer à leur égard et qui en arrive même à me faire penser qu’elle anime et motive notre existence.

C’est d’ailleurs certainement pour cette raison que beaucoup d’entre nous se sont orientés et engagés pour une éducation à l’environnement. Nous sommes devenus cette “espèce d’humanoïde missionnée”, un relais souhaitant faire passer un message sur un symptôme qui touche une grande partie des êtres vivants de la planète Terre.

Il me semble aussi que ce métier d’éducateur est une occasion pour nous de rappeler que “L’homme n’est pas le seul animal qui pense, mais il est le seul qui pense qu’il n’est pas un animal.2”. L’avoir oublié est à mon sens une grossière erreur et l’une des causes des divers constats que l’on peut faire aujourd’hui sur l’état de centaines de populations animales et végétales : l’homme tout puissant ne se serait-il pas marginalisé du reste du vivant ?

Être éducateur à l’environnement, c’est travailler pour la biodiversité. C’est aussi un moyen de rappeler aux hommes que l’humanité dépend de cette dernière. Nous faisons partie intégrante du milieu naturel et notre alimentation, notre santé et bien d’autres besoins vitaux en dépendent.

Une analyse de Norman Myers3 nous rappelle que “nous sommes la seule espèce dans l’histoire de la vie capable de causer la mort de nombreuses autres espèces, mais aussi la seule à pouvoir en sauver. On peut considérer l’épisode actuel comme un défi”. C’est ce défi dont parle Myers qui me semble être le mot d’ordre du 21e siècle. Il est également la base de nos métiers, à mettre en lien direct avec nos activités éducatives et de sensibilisation, comme une préparation des individus à un futur engagement pour la biodiversité.

L’idée de pouvoir provoquer une prise de conscience et/ou un engagement, en donnant des pistes d’exploration m’intéresse, tout comme le fait d’imaginer que les personnes non initiées puissent à leur tour et à leur manière prendre parti dans ce défi à relever.

Aujourd’hui, s’engager pour la biodiversité et pour la vie revient donc à éveiller sa curiosité pour mieux comprendre et connaître parce qu’“on ne protège bien que ce que l’on connaît bien”.

C’est aussi permettre à chacun d’apprendre à développer son sens critique ou prendre parti en posant des questions ou en donnant son opinion. Dans ce cas, l’animateur nature, par l’animation et/ou le projet pédagogique mis en place, peut apparaître comme un déclencheur pour faire changer de conduite. Le fait d’arriver à être convaincu de l’importance de l’enjeu peut amener à faire changer de comportement, voire même provoquer des vocations.

Pour conclure et rester dans le tempo de l’actualité, je ne peux décemment pas passer outre le mot magique qui fait que nos dirigeants commencent à prêter une attention particulière aux différentes problématiques environnementales. Je veux parler ici du développement durable. À ce sujet et pour continuer dans ma lancée des petites phrases qui, à mon goût, valent mieux que les grands discours, je vous propose une petite citation de Robert Barbault qui explique et affirme que “Le meilleur modèle de développement durable, c’est la diversité du vivant, depuis quatre milliards d’années4.”… à bon entendeur…

 

 

 

1 Mostafa K. Tolba, PNUE (Programme des Nation Unies pour l’Environnement)
2 Pascal Picq, Paléoanthropologue, Collège de France
3 Norman Myers, Green College
4 Robert Barbault, Muséum National d’Histoire Naturelle