La Luciole (LL) : Quelles sont les missions de l'IDF ?
Monsieur Gaberville (MG) : Identifier les demandes et besoins d'appuis des professionnels, puis élaborer des techniques de recherche et faire des essais améliorant les connaissances et la conservation forestière. L'objectif est de préserver la santé et la vitalité des écosystèmes forestiers et d'optimiser leur gestion pour en accroître les gains économiques.
LL : Quelles sont les caractéristiques de la forêt en région Centre ?
MG : Le Centre a un relief peu marqué, un climat plutôt océanique et une faible pluviométrie. Nous avons donc une chênaie sessiliflore. Des situations locales, un ensoleillement ou une pluviométrie différente, permettent l'installation de hêtres, d'aulnes, de saules ou de forêts tourbeuses. Le développement de la forêt prend plusieurs dizaines d'années. Une forêt jeune est composée d'espèces pionnières (bouleau, chêne pédonculé...). Viennent ensuite les post pionnières (charmes, érables...). Ces essences préparent une ambiance forestière propice aux plantes caractéristiques du peuplement à maturité. Cependant la sylviculture modifie les peuplements, le traitement en taillis sous futaie par exemple maintient des pionnières ou post pionnières dans des parcelles à maturité. Les massifs de résineux sont des créations récentes implantées sur d'anciennes terres agricoles. Sans intervention humaine, la forêt présente un couvert continu en moins de 10 ans sur les anciennes cultures.
LL : La tempête de 1999 va-t-elle modifier selon vous les pratiques sylvicoles ?
MG : Nous nous intéressons plus à la dynamique forestière. Face à la sortie difficile du bois et à l'abandon des aides, les forestiers ont attendu et observé. La forêt cicatrise assez rapidement quand les bois ont été débardés causant un remue-ménage du sol favorable à la germination. Mais l'évolution des pratiques est difficile, surtout avec un historique interventionniste. Aujourd'hui on préconise de ne rien faire immédiatement pour voir ce que la nature propose. La réponse n'est pas immédiate, une forêt réagit plus lentement qu'une parcelle agricole.
LL : Qui sont les propriétaires forestiers et quelle est la nature de leur attachement à leur forêt ?
MG : Il y a très peu de grands propriétaires privés. La Sologne a des propriétés de plusieurs centaines d'hectares, mais le Boichaut, le Perche ou le Pays Fort dans le Cher sont couverts de petites forêts. Ces petits propriétaires ne souscrivent pas de plan de gestion et leur attachement est plus affectif qu'économique. Ils utilisent leur bois pour les loisirs et leur consommation personnelle. Il est alors difficile de réaliser des groupements forestiers pour une gestion commune. |