| |
La Luciole (LL) : Quelles sont les énergies renouvelables présentes en région Centre ? Quel lien faites-vous entre ces énergies et le développement durable ?
Christian Frouin (CF) : Le solaire, le bois et la géothermie sont sur tout le territoire régional, l'éolien sur certaines zones préférentielles, le biogaz, là où il y a production de matières organiques. En ce qui concerne les ressources énergétiques, la capacité de la planète est limitée ; la Terre n'est pas extensible. Par ailleurs, les pays développés se doivent de diviser, d'ici à 2050, par 4 ou 5 leurs émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique. L'épanouissement de l'Homme, ici et ailleurs, qui est au coeur même du Développement Durable, impose donc de réduire très fortement nos consommations énergétiques (déplacements, chauffage des bâtiments...), d'utiliser obligatoirement les énergies renouvelables locales, décentralisées, créatrices d'emplois locaux et de construire et aménager tout autrement.
LL : La Directive européenne demande à la France d'atteindre d'ici 2010 une production d’électricité de 21% à partir des énergies renouvelables. Quelle est votre position par rapport à cette échéance ?
CF : L'objectif de 21% d'électricité d'origine renouvelable est repris dans la loi du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique. Dans cette même loi, on fixe aussi un objectif d'augmentation de 50% de la production de chaleur d'origine renouvelable d'ici à 2010 ainsi qu'un objectif d'installation, au niveau national, de 200 000 chauffe-eau solaires et de 50 000 toits solaires par an en 2010. Enfin, un objectif d'une économie d'importations d'au moins 10 millions de tonnes équivalent pétrole en 2010, grâce à l'apport de la biomasse pour la production de chaleur et de carburants, est fixé.Tous ces objectifs ne seront atteints que par une prise de conscience de tous les décideurs et acteurs concernés, par d'importantes modifications de comportements de tous mais aussi par des réalisations et actions immédiates.
LL : En terme d'éducation aux énergies renouvelables, comment l'ADEME agit-elle ? Y-a-t-il des publics encore peu (ou pas assez) sensibilisés ?
CF : Les Espaces info Energie, initiés et financés en partie par l'ADEME et le Conseil régional du Centre, présents dans les six départements, informent et sensibilisent les citoyens. Les élus et les techniciens des collectivités ne sont pas encore sensibilisés aux énergies renouvelables, ni à la maîtrise de l'énergie. Les modifications de comportements dans le domaine de l'énergie, des déchets, de l'eau, de l'éco-responsabilité ne se feront que par une large mobilisation de tous les acteurs publics concernés (élus, associations, éducation nationale, autres ministères, agences, etc).
LL : Si un organisme privé ou public souhaite passer aux énergies renouvelables, l'ADEME peut-elle les aider techniquement et financièrement ? Pour un particulier ?
CF : Les collectivités, les entreprises, les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées, universités) peuvent bénéficier des aides techniques de l'ADEME (experts au sein de la délégation régionale) mais aussi financières (avec le Conseil Régional dans le cadre du Contrat de Plan Etat Région). Pour un citoyen, le premier réflexe doit être de contacter l'Espace Info Energie présent dans son département. Les conseillers “Energie” l'aideront techniquement dans sa démarche d'utilisation d'énergie renouvelables (solaire, bois, pompe à chaleur, ..) et d'économies d'énergie.
LL : Certains protecteurs de l'environnement ont parfois des craintes quant à l'impact environnemental que peuvent avoir les énergies renouvelables. Pensez-vous qu'elles soient justifiées ?
CF : Certains protecteurs de l'environnement sont contre les énergies renouvelables. D'autres sont tout à fait favorables car ils considèrent que les énergies renouvelables sont une obligation pour les générations futures. En matière d'esthétisme, tout est relatif ; certains trouvant des fenêtres de toits laides par rapport à des panneaux solaires. D'autres décrient des éoliennes alors que des pylônes imposants, de proximité, véhiculant de l'électricité d'origine non renouvelable, n'appellent aucune réaction de leur part. L'intérêt général, d'aujourd'hui pour demain, passe avant tout avant les intérêts particuliers du court terme. C'est ensemble que nous construirons demain, il y a urgence, et garantirons aux générations futures, d'ici et d'ailleurs, l'énergie dont elles aussi auront grand besoin. |
 |