| |
Les biocarburants sont des combustibles liquides obtenus à partir de cultures agricoles. Il en existe deux filières principales en France :
-
Les oléagineux (colza, tournesol) qui produisent de l’huile par pressage, utilisée pure ou transformée en EMHV (Ester Méthylique d’Huile Végétale).
-
Les alcools (éthanol, méthanol), produits par fermentation de plantes (betterave, canne à sucre, blé…) transformés en ETBE (Ethyl Tertio Butyl Ether) ou MTBE (Méthyl-Tertio Butyl Ether).
|
|
|
Ces biocarburants ne sont pas utilisables purs sans modification des véhicules. Ils sont mélangés en proportion variable dans le gasoil et l’essence. A l’heure actuelle, les carburants contiennent moins de 1% de biocarburants. Le gouvernement vient d’annoncer que cette proportion sera portée à 5,75% en 2008, 7% en 2010 et 10% en 2015. |
Si leur utilisation ne relâche pas plus de CO2 qu’ils n’en ont absorbé lors de la croissance des plantes, leur production consomme de l’énergie fossile (pour le moment) en quantité importante, pour produire les engrais et les pesticides, utiliser les machines agricoles, les moyens de transport et transformer la récolte. Les biocarburants émettent donc des GES (Gaz à Effet de Serre) et sont issus de cultures polluantes, pratique malheureusement courante en région Centre.
Cette énergie consommée est à déduire de la production brute de biocarburant, pour obtenir la production nette, dont découle le rendement énergétique de chaque procédé. |
|
Le calcul de ces rendements est extrêmement discuté en raison des enjeux économiques. Pour certains, les conséquences sur les sols sont négligeables et les consommations énergétiques intermédiaires sont faibles. Ils prennent en compte la production des sous produits de la culture, tels les tourteaux de colza ou de tournesol restants après le pressage et consommés par le bétail.
Au contraire, certaines études ne tiennent compte que de la production de carburant, la consommation des sous-produits par le bétail s’inscrivant dans un système agricole non durable. Les rendements énergétiques sont alors plus bas, voire parfois négatifs dans le cas des alcools dont la distillation réclame beaucoup d’énergie.
Les biocarburants les plus intéressants sont les huiles pures dont le cycle est le plus court. Il est d’ailleurs question de permettre aux agriculteurs de les utiliser directement dans leurs tracteurs, ce que fait déjà un nombre croissant de particuliers équipés de diesel (illégalement).
En dehors de la question fort débattue des rendements énergétiques, la faiblesse des biocarburants est leur production à l’hectare, en agriculture conventionnelle ou bien en biologique, qui présente un rendement énergétique plus intéressant (sans intrants) mais des rendements à l’hectare plus faibles.
Pour le colza, qui a la meilleure production énergétique nette (en soustrayant les consommations intermédiaires) c’est 365% des surfaces cultivées françaises, soit plus de 100% du territoire national, qu’il faudrait y consacrer pour produire l’équivalent de notre consommation de pétrole pour les transports (Source : Jean Marc Jancovici et ADEME).
Quel que soit le mode de calcul, il est clair que les cultures énergétiques ne pourront répondre qu’à quelques pourcents de notre consommation actuelle, au prix d’une dégradation supplémentaire des sols et de l’eau. L’urgence est donc aux économies d'énergie (et donc de déplacements) et à l’efficacité énergétique de nos modes de déplacement.
Emmanuel DEWEER
Chargé de mission énergie de Nature Centre |
 |