Dossier réalisé à partir de la Revue La Luciole du Centre n°6

 
 

Du soleil dans nos ampoules

“On peut se contenter de dire qu’il nous faut de l’énergie verte - ou le faire.” C’est ainsi que Patrick BEHM, ancien cadre dans l’industrie du transport et Julien NOE, titulaire d’un diplôme économie et politique de l’énergie, racontent la naissance d’Enercoop, fournisseur d’énergie verte. Dans les locaux de Greenpeace où la start-up énergétique émerge, Patrick est bénévole, Julien stagiaire. Pour monter Enercoop, ils dialoguent avec “Sortir du nucléaire” ou “Agir pour l’environnement”. Ils montent un plan d’affaires et font appel aux Clubs Cigale (clubs d’investissement solidaire). “Nous avons commencé par chercher des membres fondateurs. Parmi eux : la Compagnie du Vent, Biocoop, Greenpeace, les Amis de la Terre… Puis nous avons fait un appel à des souscripteurs. Nous comptons aujourd’hui 120 sociétaires. Il nous fallait aussi trouver un statut adapté. L’URSCOP (Union Régionale des Sociétés Coopératives de Production) nous a conseillé de monter une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif).” Imaginé par Guy Hascouët, ce statut réunit, autour d’objectifs communs d’utilité sociale, des acteurs d’horizons divers, notamment les collectivités locales, qui peuvent participer jusqu’à 20% du capital social. “Une personne, une voix. Ce fonctionnement démocratique nous plaisait.” N’ayant pas d’intérêt direct à vendre de la quantité, ils encouragent les économies d’énergie : “il est facile de faire 20% d’économies” assure Patrick Behm.

Enercoop

Prochaine étape, fournir de l’électricité début 2006 aux collectivités et entreprises. Et en juillet 2007, les particuliers pourront choisir leur fournisseur. L’idée : relocaliser la production près de la consommation et faire des petits dans les régions. “Les offres d’électricité verte, aujourd’hui, déconnectent consommation et production. Elles n’encouragent pas le développement des sources d'énergie renouvelables.” Les prix d’Enercoop seront supérieurs de 20 à 25 % de ceux du marché. Mais la tendance pourrait s’inverser. “Les coûts environnementaux sont de plus en plus internalisés, comme les quotas de CO2. Mécaniquement, les énergies renouvelables qui vont se développer, seront plus concurrentielles et les sources polluantes perdront en compétitivité.”

Plus d'infos : ENERCOOP - www.enercoop.fr