Une étude (thèse : "Aller en Ville !... citadinités adolescentes en mouvement") conduite en 2002/2003 sur les adolescents de 13 à 16 ans, usagers des espaces de Tours, détaille les pratiques territorialisantes des jeunes.
“La ville” est utilisée par eux comme espace et contexte sans cesse renouvelés. Des pratiques urbaines à base d’investigations des objets urbains (objets humains et non humains) multiplient les expériences de contacts et les usages de “la ville” par les adolescents, donc leur participation au fonctionnement de la société située.
Parmi les objets et attributs urbains ignorés auxquels les adolescents sont sensibles, la nature intégrée au bâti est appréciée. Elle se trouve proposée à Tours sous forme d’arbres, de massifs, de pelouses, de bacs dans les rues, de jardins et de places ou de boulevards architecturés par le végétal (et de plus, les parcs aux frontières du centre ville, la coupure verte des rives avec les îles de La Loire ).
La nature est trouvée et donnée par les adolescents comme une double ressource : d’une part pour eux-mêmes en tant que citadins et d’autre part pour “la ville” comme espace publique utilisable et entretenu. La nature citadinisée fournit aux jeunes des moyens ponctuels d’isolement ou de retrait, de rêve et méditation, d’apaisement social. Elle leur apparait comme élément de distinction et de patrimoine valant embellissement pour la ville à partager. Elle est une donnée indispensable de la constitution et expression de “la ville”. Enfin de manière réflexive elle interpelle certains jeunes au plan des valeurs formatrices de formes d’écocitoyenneté.
Jean Pierre Lecureuil
Chercheur universitaire en sciences sociales à Tours
|