Agenda 21 en milieu scolaire

L’idée d’Agenda 21 des écoles Racault et Pitard à Tours a fleuri au printemps 2006. Elle est la continuité d’un travail mené entre la Ville et l’Education Nationale et concrétisé en 2002 par les Classes-Ateliers-Environnement.

 

Dossier réalisé à partir de la Revue La Luciole du Centre n°8

 
 

PHOTO : Véronique PhilippotPHOTO : Véronique Philippot

Penser “Agenda 21” n’est pas le fruit du hasard car l’éveil à une conscience collective éco-citoyenne ne suffit pas pour une telle prise de décision. Elle n’est pas étrangère à la prise de position antérieure de deux directeurs d’école déjà engagés et personnellement sensibles aux questions relatives au développement durable. Plusieurs facteurs ont contribué directement ou non à ce qui nous paraît désormais comme une évidence. Comment une collectivité peut s’engager vers des stratégies annoncées à Rio en 1992 et oser une certaine autonomie de pensée et d’actions futures ?

Le fonctionnement des Classes-Ateliers-Environnement a permis une initiation aux questions environnementales en privilégiant le volet biodiversité. 5 classes de Racault et 2 classes de Pitard ont ainsi développé des projets divers : écosystème de la haie, mur de pierre comme milieu de vie extrême, migrations animales, transports en ville et pollution de l’air…

PHOTO : Véronique Philippot

En mars 2006, une haie champêtre est plantée dans la cour de Racault. En fin d’année, l’école Pitard a organisé une matinée sur le développement durable à l’intention des parents. Lorsque les mots “Agenda 21” ont été prononcés, les graines qui sommeillaient déjà dans la matière grise fertilisée de ces écoles ont tout naturellement germé.

Une première réunion d’information sur les procédures propres aux Agendas 21 a eu lieu en juin avec l’équipe pédagogique de Racault. Ce projet devient projet d’école et la constitution du comité de pilotage devrait suivre. Des outils d’évaluation vont d’abord être imaginés par les élèves pour établir un diagnostic du milieu de vie “école”. Afin de soutenir cette phase préliminaire indispensable pour aboutir à des propositions concrètes (d’abord de nature comportementaliste), une classe de Racault participe aux Classes-Ateliers-Environnement. Le projet porte bien sûr sur le Développement Durable, le site de la Charpraie devenant un terrain d’expérimentation. Les élèves apprendront à porter un autre regard sur la biodiversité, la gestion des ressources et les contraintes liées à la restauration sur le site.

Véronique Philippot

 

Vers une démarche participative

La généralisation de l’EEDD (éducation à l’environnement pour un développement durable) pour tous les élèves du territoire national a ouvert la porte à des démarches de type “Agenda 21” en milieu scolaire.

En effet cette éducation va bien au delà d’un enseignement sur le développement durable et prend vraiment du sens lorsqu’elle articule de façon cohérente les projets pédagogiques avec la vie et la gestion des communautés de vie que sont les écoles, les collèges et les lycées.

S’engager dans un Agenda 21, c’est avant tout avoir la volonté de créer une dynamique en partant des spécificités et de l’état des lieux de l’établissement mais aussi des intérêts exprimés par chacun au sein d’un comité de pilotage. Ainsi peut se construire de façon participative et dans la durée une démarche qui prend la forme d’un document écrit : le “programme d’action” accompagné d’un échéancier intégrant des évaluations régulières.

Si certains Agendas 21 deviennent des projets pilotes d’envergure, d’autres restent dans la modestie du quotidien, par contre tous ont à prendre en compte la complexité, les liens avec le territoire et s’appuient sur la transversalité des approches.

Yannick Bruxelle