À la campagne : Système “V”

 

Dossier réalisé à partir de la Publication La Luciole du Centre n°10

 
 

S’imposer un quota de “kilomètres voiture” permet de veiller sur les trajets inutiles et d’envisager les transports en commun, ou le vélo, plus facilement. Cela permet aussi, en un trajet, de lier l’utile à l’agréable…

 

 

 

 
 

Nous habitons Vou, un village de 205 habitants au "centre" d'un triangle formé par Loches (15 km), Ligueil (7 km) et Manthelan (8 km).

Travaillant au Louroux (11 km de notre domicile), j'essaie à la belle saison d'aller à l'école deux fois par semaine à bicyclette, quel que soit le temps. Je m'organise pour y laisser les documents dont j'ai besoin et j'emporte un change. Évidemment, des éléments peuvent changer la donne comme une réunion après la classe par exemple.

Au début, les élèves et parents du regroupement pédagogique étaient surpris et me taquinaient. Depuis, certains se sont mis à venir à vélo. Des familles pratiquaient déjà le vélo loisir, mais ne concevaient pas forcément ce mode de déplacement dans un cadre "utilitaire".

À la maison, notre aîné est musicien. Il joue dans trois formations à Ligueil et à Manthelan. Nous avons convenu avec lui depuis deux ans que nous n'assurerions plus tous ses déplacements liés à la musique : il a un "crédit kilomètres".
Il rejoint donc ses camarades avec le saxo, l'ampli de la guitare à l'arrière et la guitare dans son étui sur le dos. En cas d'intempéries, ou à l'occasion, je l'emmène et en profite pour faire coup double : pendant qu'il répète, je travaille à l'école.
La cadette a la possibilité de mettre son vélo dans la soute du bus le matin, ce qui lui permet d'être autonome pour rentrer en cas d'absence d'un professeur.
 

Nos grands ados commencent à "penser bus" pour leurs déplacements.
La politique de transports en commun, à tarifs préférentiels, semble être efficace et évite nombre de déplacements en automobile.

À la prochaine rentrée, l'école de musique du Grand Ligueillois, 17 communes, proposera aux parents l'échange de leurs coordonnées en vue de la mise en place d'un système de covoiturage.

En milieu rural les distances n'ont pas toujours la même "valeur" qu'en ville ou en proche banlieue. Un élément subjectif tout d'abord : un kilomètre en bord de route n'est pas ressenti comme un kilomètre sur un trottoir où tous les bâtiments se jouxtent. Les kilomètres en milieu rural paraissent nettement plus longs car il n'y a “rien” à regarder autour. De plus, il est plus aisé de prendre les transports en commun dans une grande ville.

Ainsi, les kilomètres parcourus sont moins coûteux en énergie.
Mais au-delà du côté plaisir de ces déplacements écologiques, économiques et plus sains, ils sont plus difficiles à organiser à cause du paramètre temps disponible. C'est pourquoi, trop souvent, hélas, nous devons faire le choix du 4 roues motorisées.

Par Eric PEYROUS et Laurent MARY