La Luciole : Pourquoi de l'animation ?
Anne Martin : Gilles, mon conjoint, a fait une formation sur l'environnement et ce cursus l'a amené a avoir envie de créer sa propre entreprise et de mettre en place une alternative à l'agriculture chimique que faisait ses parents. C'est ainsi qu'il s'est installé en 1986 en reconvertissant la ferme en bio. Après une formation DEFA en animation, j'ai passé plusieurs années en prévention santé où le thème de l'alimentation était beaucoup abordé. J'ai constaté que les enfants n'ont plus de repères sur la production et sont donc à la merci de la publicité. Ils ne savent plus d'où vient leur alimentation, à quelles saisons poussent les légumes, et ignorent pourquoi une vache donne du lait et qu'il faut tuer un animal pour manger de la viande. Il me paraissait donc important de montrer aux enfants comment on produisait ce qu'ils avaient dans leur assiette.
LL : Que proposez-vous et Comment ?
AM : Les grands thèmes que nous abordons sont l'élevage, l'alimentation de la vache, la chaîne alimentaire, la transformation fromagère, le cycle en agriculture biologique. Chaque animation d'1 à 4 journées à la ferme est l'objet d'une préparation avec l'instituteur(trice). Pour aborder tous ces thèmes, nous possédons des outils qui permettent aux enfants en petits groupes d'être acteurs de leurs recherches : identification dans les champs des herbes et des céréales, fabrication de beurre et de fromage, puzzle géant sur le cycle de la ferme.
LL : Comment réagissent les enfants ?
AM : Pour les enfants c'est l'occasion d'approcher des animaux et de réaliser que le lait ne vient pas que des boites. Parfois la réalité leur parait dure : nos animaux finissent tous par être mangés. Les enfants se rendent compte que le fumier devient du compost et va fertiliser la terre et que c'est un cycle.
LL : Pensez-vous éduquer à l'environnement ?
AM : Le travail que nous faisons est une vraie éducation à l'environnement. Se rendre compte que l'homme est un maillon de la chaîne, qu'il a un rôle et qu'il ne doit pas perturber le cycle. Il est important que les enfants prennent conscience de leur place dans ce cycle. Se rendre compte que l'acte de base de l'alimentation ne peut se faire sans réfléchir car les conséquences sur la production est importante. Les enfants veulent manger des pommes sans aucun défaut et bien pour cela les agriculteurs doivent les traiter environ 35 fois. Tout ce travail avec les classes peut donner lieu à un suivi avec des échanges de correspondance avec la classe.
LL : Pensez-vous participer au développement durable ?
AM : Le développement durable est au cœur de nos préoccupations. Ne pas polluer la terre c'est permettre aux générations futures de boire encore de l'eau et de garder la terre vivante. Avoir une petite structure agricole, où nous sommes quatre à travailler, c'est permettre au milieu rural de rester vivant avec de nombreux actifs.
|