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Etude pour une meilleure connaissance de l’état de l’existant de l’éducation à l’environnement en vue du développement durable dans la francophonie et la définition collective d’une stratégie

(Avertissement : Nous employons le terme EEDD sachant très bien que dans les rangs des éducateurs le débat est ouvert sur l’acceptation que nous devons avoir ou non du concept de développement durable, merci à ceux qui ont une préférence pour EE, ERE, ou EDD de participer malgré tout à ces travaux. Il est naturel que nous utilisions le langage de l’UNESCO dans le cadre de cette étude, mais rien n’est fixé. Nous sommes bien en recherche !)

Présentation générale

Objectifs de l’étude :

  1. Avoir une meilleure connaissance de l’état de l’existant de l’EEDD dans la francophonie.
  2. Repérer sur le terrain les éléments qui pourraient constituer les bases d’une stratégie francophone.

Contexte

Les acteurs de l’éducation environnementale mobilisés collectivement et usant de la langue française profitent de leurs moments de rencontre pour faire le point sur le développement de leurs pratiques. Planet’ere 3 est une nouvelle occasion de faire un état des lieux des situations de l’EEDD dans nos différents pays.

Nous devons examiner les faits et aussi les textes.

Pour être pertinente, la lecture que nous devons avoir de la situation doit être large. Nous devons examiner les dynamiques des acteurs. Examiner les actions telles qu’elles se déroulent sur le terrain. Répondre à la question de savoir, quelles sont ces actions, comment elles évoluent ?

Nous devons examiner en même temps les avancées issues des assemblées d’élus et de tous les responsables politiques. Ces avancées se reflètent dans les textes officiels et se concrétisent dans les programmes d’enseignement.

Nous sommes dans la nécessité de croiser les regards, il y a les avancées qui se font de la part des autorités publiques, elles se traduisent d’abord dans les textes, les programmes et il y a celles qui sont le fait de la société civile, elles se traduisent plus immédiatement par l’action concrète, le secteur privé lui-même est dans l’action. Fort heureusement ces deux dynamiques se retrouvent parfois pour entrer en synergie, mais ce n’est pas toujours le cas !

Il n’est pas inutile de faire un point rapide sur ces deux dynamiques au niveau international.

Du coté des autorités publiques : Pour la période 2005-2014, l’assemblée générale des Nations Unies (ONU) a adopté par consensus, le 20 décembre 2002, une résolution qui proclame une décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable. L’UNESCO est l’organe responsable de cette décennie.

Les passages de ce texte notés entre guillemets sont extraits du numéro de la revue de l’UNESCO « Connexion » consacrée à « la décennie internationale pour l’éducation en vue du développement durable »

Le constat établi par les autorités publiques est que « la réalisation des objectifs de la CNUED (Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, Rio 92) a pris du retard » « la pauvreté a augmenté en terme absolu et les schémas de production et de consommation non durables perdurent, en particulier dans le monde développé »

Sur la définition du développement durable la souplesse est de mise. « Au bout du compte, le développement durable s’avère un concept dynamique et relatif, riche de nombreuses dimensions et sujet à des interprétations innombrables. Certains estiment qu’il n’est nul besoin de s’entendre sur une seule et unique définition du développement durable : celui-ci devrait être perçu comme un processus de changement intimement lié au contexte, aux besoins et aux priorités au niveau local »

Au sujet du rôle de l’éducation, son aspect prioritaire est dit sans équivoque, mais ses limites sont, elles aussi, clairement exprimées : « L’éducation, au sens large, est le grand espoir de l’humanité et son moyen le plus efficace de parvenir au développement durable. Une bonne part de l’éducation actuellement dispensée est loin de répondre aux besoins. La qualité de l’éducation revêt donc la plus grande importance. Améliorer la qualité de l’éducation et réorienter ses objectifs de façon à connaître l’importance du développement durable doit être une des premières priorités de l’UNESCO et de la communauté internationale. »

Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations Unies, a dit : « Le plus grand défi, au cours de ce nouveau siècle, est de prendre une idée qui semble abstraite – le développement durable- et d’en faire une réalité quotidienne pour tous les peuples du monde »

L’UNESCO nous laisse entrevoir ce qu’elle entend par EDD. Bien des acteurs se reconnaissant de la société civile s’y retrouveront. « L’EDD devient un concept plus axé sur l’information et plus participatif, encourageant les éducateurs et les apprenants à interagir, à débattre et à encourager un apprentissage qui s’appuie sur les expériences et la créativité. »

Du coté de la société civile : Depuis 1997 au niveau international, en langue française, les acteurs de l’ERE ou EE se donnent rendez-vous pour, en échangeant, progresser dans leur pratique, se donner des perspectives communes et faire pression sur les gouvernements. Le premier rendez-vous de Montréal se donnait pour objectif de faire le point sur le développement de l’ERE dans la francophonie 5 ans après le sommet de Rio de 92. En France en 2001 lors du deuxième forum Planet’ere, un appel a été adressé aux chefs d’Etats réunis pour le sommet du développement durable de Johannesburg de 2002. Et en 2005 c’est au Burkina Faso que Planet’ere 3 se déroulera, placé délibérément par les organisateurs en perspective de l’ouverture de la décennie mondiale de l’éducation en vue du développement durable des Nations Unies.

Rompre l’isolement des éducateurs de base a été le sens des premiers pas des acteurs de l’EE de la société civile. Se rencontrer, faire connaissance dans l’échange et l’action, créer des réseaux, élaborer collectivement des perspectives, s’appuyer sur Internet ont été les voies naturelles de la progression.

Une grande diversité d’acteurs se retrouve dans le mouvement Planet’ere où le débat reste ouvert sur ce que nous faisons comme type d’éducation. Education à l’environnement, éducation relative à l’environnement, éducation en vue du développement durable (ou pour ou vers le développement durable), place de la citoyenneté, de l’éducation à la consommation, de l’éducation à la santé, aux droits de l’enfant, de la femme, de l’homme…alors qu’une partie des acteurs sont dans le rejet du concept de développement durable, et se dirigeraient plus vers l’idée d’une décroissance soutenable. Aucun courant qui veuille en rejeter un autre, mais tous souhaitant se faire entendre. Un texte validé à Rambouillet par des acteurs de 13 pays en 2002 sert aujourd’hui de point de repère commun. On y trouve les mots, autonomie, responsabilité, action, participation, esprit critique, solidarité, attention… les aspects de méthode sont pris en compte. Voir le site www.planetere.org

Les acteurs constatent à chaque rencontre une difficulté à se faire comprendre et soutenir par les autorités publiques en particulier de niveau national. Les freins sont nombreux, ils sont souvent les mêmes d’un pays à l’autre. A chaque occasion le cri est unanime : la progression est beaucoup trop lente.

Depuis l’année 2000, de façon autonome, d’abord à Porto Alegre puis ailleurs, la société civile mondiale se donne rendez-vous lors des Forums Sociaux Mondiaux. La problématique éducative y est toujours présente, des acteurs sociaux de premier plan en appellent à la construction d’un projet éducatif mondial. La place de l’environnement y serait importante.

En avril 2004 le mouvement Planet’ere s’est constitué en ONG. Il a réaffirmé sa volonté de travailler en partenariat avec les autorités publiques.

Du coté du secteur privé : Depuis des années des entreprises interviennent dans le champ de l’éducation à l’environnement. Un mouvement collectif d’entreprises qui regrouperait ces initiatives et leur donnerai un sens collectif, n’est pas à ce jour connu. Mais les actions existent, elles nous intéressent dans le cadre de cette étude.

Comment participer ?

Un questionnaire a été mis au point par des acteurs du mouvement Planet’ere de différents pays. Chacun peut répondre à ce questionnaire, le faire connaître, animer des débats autour des questions posées… chacun peut participer !

Nous y sommes invités :

« La meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés… » . Article 10 déclaration de Rio.

A nous de jouer !

Le groupe de suivi.