La Loire animée au fil de l'eau...

Carnet de bord

28 juin 2005

Voici la dernière page de notre carnet de bord. Petit récit de nos derniers jours et de l’arrivée.

20 juin : nous sommes à la Chapelle des Marais, au nord de la Brière. Nous sommes lundi, et cet après midi nous intervenons dans l’école publique. Le matin, nous sommes réveillés par le loriot, c’est plus agréable qu’un réveil matin. Nous préparons notre matériel et nous rejoignons l’école située à quelques kilomètres de là où nous logeons. Le matin nous profitons de leur accès à internet. Nous mangeons avec un enseignant puis 13h30 sonnent : les enfants rentrent en classe. L’école est située à proximité du marais de Brière, et on s’aperçoit vite que les enseignants ont bien exploité les richesses qui entourent les enfants. Ils ont déjà de bonnes bases en environnement (connaissance d’animaux, notions d’habitats…). L’animation sur la biodiversité vient donc faire le lien entre toutes leurs connaissances. Pour David le constat est le même. Autre constat, les vacances sont proches et certains s'y croient déjà. David use de son autorité et finit par mettre un enfant dehors pendant quelques temps. C’est la première fois qu’il a à faire ça, mais c’est la seule solution efficace pour la situation dans laquelle il était. La fin de l’après-midi arrive vite. Nous remercions les enfants sans oublier de leur dire à quel point leur intérêt pour l’environnement nous fait plaisir.

Le soir, nous avons droit à un bon repas en famille. Depuis le temps qu’il attendait notre passage…

 

Paysage de Loire

 

21 juin : premier jour de l’été. La chaleur nous le confirme. Aujourd’hui, nous partons découvrir le marais de Brière : paysage plat traversé de canaux, zone inondée l’hiver et pâturée l’été. Cette année le marais est plutôt sec et reflète la situation de la France. Nous attrapons libellules et papillons, nous observons plantes et canaux. On nous signale une petite plante apparue depuis peu : nous la déterminons comme étant l’Azolla filiculoides plante originaire d’Amérique du Nord (si quelqu’un a des informations sur cette plante, je les recevrai avec plaisir).

22 juin : aujourd’hui nous allons jusqu’à St Lyphard. Lever 7h. Nous refaisons nos sacs, nous allons faire nos courses pour manger. Départ à 14h. Soleil de plomb. A peine un petit souffle d’air, peu d’arbres pour faire de l’ombre, la Brière par temps chaud n’est pas forcément une zone agréable. Heureusement, en échange elle nous offre aigrette garzette, spatule, hérons et ibis. Encore une espèce exotique en Brière (mais qui est venue seule). On peut aussi ajouter à la liste ragondin, écrevisse américaine dont la présence est dûe à l’homme. Espèces qui prennent la niche écologique d’autres animaux et qui détruisent petit à petit l’équilibre écologique. Nous traversons la Brière. David est en short et se frotte aux chardons. Aïe. Nous arrivons en sueur au camping de St-Lyphard. Et là quel bonheur : une piscine. Nous nous permettons un petit bain rafraîchissant avant de nous coucher.

 

Marais salant

Maison traditionnelle de Brière

 

23 juin : Nous quittons la Brière mais pas la chaleur. Nous nous dirigeons vers la côte avec au bout, l’océan Atlantique. Départ à 8h et pourtant il fait déjà chaud. Nous traversons le village de Kerhinet. Dans ce village touristique, toutes les maisons sont des maisons traditionnelles en pierre avec un toit de chaume. Le parc naturel régional de la Brière participe à la conservation de ces traditions. Plus loin nous traversons un pont en pierre datant de l’époque Gallo-romaine (Imaginez le nombre de personnes qui ont dû le traverser avant nous depuis cette époque!). Nous mangeons rapidement. Même à l’arrêt à l’ombre la chaleur nous accable. Encore deux heures de marche et nous arrivons au nord de Guérande. Le camping est juste là. Encore une fois nous profitons de la piscine. Par un temps pareil, c’est plutôt agréable.

24 juin : l’arrivée est prévue pour demain. Il reste 12km à faire. Nous décidons de les faire demain et de profiter de la journée pour visiter les marais salants. Nous empruntons deux vélos au camping et nous partons. Nous commençons par aller nous renseigner sur les chemins pour faire Guérande-la Baule, car le GR3 ne va pas jusque-là. La piste cyclable est l’itinéraire piétonnier le plus agréable pour relier les deux villes. Nous pédalons ensuite jusqu’au marais : Saillé, Pradel… Il pleut un peu. David me fait un cours d’ornithologie : échasses, avocettes (avec leurs jeunes), hérons, sternes, chevaliers gambettes et chevaliers guignettes… Les marais salants souffrent également du manque d’eau et cela pose quelques problèmes pour la production de sel. Nous allons ensuite jusqu’à la pointe de Pen Bron : site très touristique mais intéressant au niveau écologique. Le vent souffle fort et pédaler devient difficile. Nous rentrons fatigués. Le vélo n’est pas de tout repos.

25 juin : jour J. Il pleut depuis 4h du matin. 7h, la pluie s’arrête, le temps s’améliore doucement. Partagés entre le plaisir d’arriver et l’envie de prolonger notre périple nous prenons la route. A 9h, nous arrivons à l’office de tourisme de Guérande, fin du GR3. Nous avons parcouru ces 1401 km. Ce chemin est fini, mais il nous faut encore aller jusqu’au bout de la Loire : l’océan Atlantique. Le trajet se fait sur la piste cyclable. Dans notre tête, des souvenirs du trajet, des gens, des paysages, des bons moments, des mauvais… 12h, nous arrivons dans la forêt d’Escoublac. Nous y sommes rejoints par nos familles et quelques amis pour le pique-nique. Nous prenons tous ensemble le chemin de la plage. Enfin, au bout d’une rue, nous apercevons la mer. Nous descendons dans le sable et nous posons définitivement les sacs. Nous ne réalisons pas encore que c’est totalement fini. Nous repensons au petit ruisseau de quelques centimètres au bord duquel nous marchions il y a 3 mois. Nous rentrons en voiture pour fêter notre arrivée entre amis.

 

 

Fin du périple.

Maintenant, nous allons nous attacher à monter une exposition sur la Loire et notre parcours. Prête en septembre si tout se passe bien.